Pourquoi créer son entreprise.
(Première Partie)
Le salariat un statut social en berne ?

Le salariat un statut social en berne ?

 

Un modèle de relations employeur/employé qui semble s’ essouffler

Chercher un travail, dans l’inconscient collectif, est la voie normale d’accès à une activité rémunérée. Séduire les recruteurs au moyen d’un CV bien fourni, d’une lettre de motivation bien rédigée, et d’une prestation marquante lors d’un entretien d’embauche, semblent ainsi constituer les piliers incontournables dans l’accession à un emploi.

Cependant force est de constater que ce modèle social qui avait tout son sens durant la période des 30 glorieuses (1945 – 1975), laquelle était marquée par le plein emploi avec un chômage inférieur a 5%, est aujourd’hui en pleine mutation.
En effet, le marché du travail, comme tous les autres marchés, reste soumis à la loi de l’offre et la demande, avec une offre d’emploi qui tend à s’amenuiser ces 30 dernières années.

Cette transformation socio-économique qui touche le monde entier (phénomène de globalisation) s’explique par la mise en concurrence des salariés du monde entier, mais aussi le progrès technique avec la substitution du travail par le capital (robotisation, développement des nouvelles techniques de l’information et de la communication, développement de L’IA). Ce bouleversement économique se répercute ainsi de fait sur le marché européen et l’économie française.

Les différents mouvements sociaux ouvriers traduisent d’ailleurs un attachement quasi viscéral des français à un modèle de relations Employeur/Employé datant de l’après-guerre.

Les grévistes s’arment de revendications auprès du Patron, exigeant de celui-ci la voie de la sauvegarde de leur salariat, et n’envisageant de ce fait que très rarement le recours à une alternative telle que monter leur propre entreprise.

Il est donc inconcevable pour eux d’avoir un statut autre que celui d’employé, peu importe si les conditions supportant ce modèle ne sont plus réunies. Et pourtant, si l’on peut s’assurer qu’il existera toujours des patrons, ce n’est sera pas forcément le cas pour les employés. L’auto-entreprenariat est en vogue, et les structures unipersonnelles sont une réalité inscrite de longue date dans le paysage du travail français.

Précarisation de l’emploi

Avec une concurrence plus accrue liée à la mondialisation, les entreprises Françaises, pour consolider leurs positions et conquérir de nouvelles parts de marché avaient besoin de plus de flexibilité et de coûts de productions plus faibles.

Pour ce faire elles ont délocalisé des emplois dans des pays à bas coûts et avec une main d’œuvre peu chère. Elles ont fait usage des contrats à durées déterminées ou à temps partiel. Elles ont également fait usage de machines et ont profité d’une main venue de l’étranger issue de l’immigration.

Cette mutation est génératrice de tensions sur le marché du travail qui se traduisent par un chômage assez élevé de l’ordre de 9%.
Pour faire face au phénomène de diminution de l’offre d’emploi, les employeurs dans un souci d’efficacité préfèrent recruter des employés qualifiés pour occuper les postes disponibles.

Le taux de chômage en France en 2018 est de 9%. Source: insee

Il s’agit d’une démarche totalement opposée à la dilution des compétences que l’on observait sous le fordisme. Il importait peu que le travailleur soit qualifié pour effectuer des tâches à la chaîne, répétitives, et de surcroît dans un contexte de plein emploi.
Ainsi, le diplôme sanctionnant un cursus d’études supérieures devint l’élément clé exigé pour insérer le demandeur d’emploi sur le marché du travail.

Avec l’augmentation de la population universitaire réussissant à décrocher ce sésame, il en résultat une inflation des diplômés. Les recruteurs n’eurent pas d’autre choix que d’effectuer une mise en concurrence de ceux-ci. Cela a eu pour conséquence une rémunération proposée pas forcément à la hauteur des attentes et du niveau d’étude du candidat, qui bien souvent se voit encore aujourd’hui obligé de négocier à la baisse.

Pourquoi dès lors accepter un tel traitement, après avoir suivi de longues études ? Pourquoi ne pas créer son propre business ? Pour beaucoup la réponse réside dans la sécurité de l’emploi.

Mais là encore il s’agit d’un concept mis à mal face à la volatilité dont fait preuve le marché du travail.
Le C.D.I. qui est censé être la relation de travail normale lui aussi se raréfie, les entreprises ayant plutôt recours au C.D.D., aux travailleurs indépendants, auto-entrepreneurs, voire même régulièrement à l’intérim.

Les ordonnances Macron en date de Septembre 2017 relatives au droit du travail prévoient entre autres le plafonnement des indemnités minimales de licenciement. Les employeurs voient là un obstacle en moins pour se séparer de collaborateurs, réduisant l’immobilisme du marché et affaiblissant du même coup la sécurité de l’emploi.

Polyvalence, flexibilité, là encore des qualités qui n’étaient pas nécessaires pour trouver un emploi après-guerre, deviennent les arguments indispensables mais à la fois « bateau » pour faire valoir un CV. Elles constituent des lors et malheureusement, un énième critère d’exclusion à l’emploi avancé par les recruteurs lorsqu’elles semblent faire défaut.

La formation et la réorientation des travailleurs deviennent des pansements qui tentent de remédier à l’hémorragie de la précarisation.

C’est à se demander si se chercher un patron est-t-elle toujours la solution qui s’impose ?

Développement de la robotisation.

Selon l’Organisation de Coopération et de développement économiques (O.C.D.E.), 14% des emplois recensés parmi les 32 pays étudiés et membres de l’organisation présentent un risque élevé d’automation. Il s’agit là dans l’immédiat d’un pourcentage assez faible, et la plupart des emplois ne seraient pas menacés, mais subiraient de profondes transformations.

Dans un futur plus lointain en revanche, la robotisation bénéficiera de l’inarrêtable progrès technologique, et le pourcentage d’emplois automatisés ne pourra que naturellement augmenter.

Selon l’O.C.D.E. encore, les premiers menacés seront les jeunes et les employés peu qualifiés, catégories qui déjà requièrent le plus d’assistance pour s’insérer sur le marché du travail.

On ne peut évaluer de manière précise quelle sera la proportion des emplois transformés, et celle des emplois détruits. Mais face à cette menace à l’emploi, il vaut mieux prendre les devants et prévoir des alternatives.

Un tissu économique martiniquais peu favorable pour l’embauche.

A la Martinique, selon un rapport de l’I.N.S.E.E. en date de 2010 le tissu économique est essentiellement constitué de petites structures : les micro-entreprises. Celles-ci représentent près de 30% du salariat martiniquais, ce qui est bien au-dessus de la moyenne nationale (19%).

Il n’y a donc pas un panel étendu de grands groupes prêt à embaucher les demandeurs d’emploi, et dans le cas contraire, il s’agit de postes de moindre qualification. Seul, 18% des salariés non agricoles étaient employés par moins d’une centaine de grandes entreprises, ce qui est très faible comparé à la moyenne nationale (31%).

Dès lors, si les possibilités d’embauche ne sont pas complètement fermées, compte tenu du contexte martiniquais, la création d’entreprise s’avère une voie à fortement considérer.

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